L'histoire

Quelques dates marquantes de l'histoire de l'horlogerie française

1292

Le premier horloger français connu : Jehan
Depuis la nuit des temps, l'homme cherche à mesurer le temps... Se calant sur le cycle des jours et des nuits, la course des astres, ou le flux des marées, il imagine des instruments de mesure plus ou moins précis : gnomon en Egypte (bâton placé à la verticale qui permet de déterminer le moment de la journée par rapport au soleil), cadran solaire, sablier ou clepsydre en Chine (horloge à eau) bien avant de concevoir une horloge mécanique. La première d'entre elles est mentionnée à la fin du XIIème siècle dans le Roman de la Rose de Jehan de Meung. C'est à la même époque en 1292, que l'on trouve trace du premier horloger Français, Jehan l'Aulogier.

Cadran solaire - La Sorbonne - Paris

1370

Première horloge publique au Palais royal de la Cité à Paris
Au Moyen Age, la maitrise du temps devient rapidement enjeu de pouvoir où le politique le dispute au religieux. A l'instar de Saint Benoit dont la règle définit les heures dites « canoniales » dédiées à la prière, à l'étude et au travail manuel, tous les ordres religieux vont se doter d'horloges, régler les temps de vie de leurs monastères. A leur tour les hauts dignitaires de l'Église catholique dotent leurs cathédrales d'horloges astronomiques qui vont rythmer la vie des chrétiens comme en témoignent encore celles de Beauvais, Bourges, Strasbourg ou Lyon.

Les détenteurs du pouvoir politique, rois et seigneurs, ne sont pas en reste pour détenir l'heure. A Paris en 1370, le roi Charles V commande à l'horloger lorrain, Henri de Vic, l'une des premières horloges publiques pour le Palais de la Cité. Il impose dès lors que toutes les horloges du royaume soient réglées sur celle-ci et n'aura de cesse que d'installer d'autres horloges afin d'affirmer la suprématie du temps et du pouvoir royal sur le religieux.

L'horloge du Palais de la cité que l'on admire toujours aujourd'hui est encadrée de deux grandes statues allégoriques représentant la Loi et la Justice ; depuis le XIVème siècle, elle a fait l'objet de nombreuses restaurations dont la dernière achevée en 2012.

Horloge - Cathédrale de Beauvais (France)

1430

Première horloge à ressort
Aux horloges murales d'intérieur à poids succèdent de petites horloges dites « de table » beaucoup plus raffinées. Les poids ont été remplacés par un ressort. La première horloge à ressort date de 1430, elle se remonte au moyen d'une clé. Rondes, le plus souvent en laiton, les horloges à ressort témoignent d'une grande finesse et sont élégamment ciselées. Munies d'une seule aiguille, elles restent cependant imprécises. Elles adoptent parfois une forme de tambour,    de clocher ou de sphère.

Horloge du Palais de la Cité - Paris 1370

1518

Première horloge à porter
La miniaturisation des horloges ne fait que commencer. On doit à Julien Coudray, horloger du roi François 1er, les premières horloges «à porter ». En 1518, il réalise une paire de petites horloges mécaniques qui viendront orner deux dagues appartenant au roi de France. La présence de la Cour à Blois fait de la ville un centre horloger réputé. C'est d'ailleurs un horloger blésois, Jacques Delagarde qui signe, en 1551, la toute première montre française signée connue à ce jour (elle est conservée au Louvre).

Quand la mesure du Temps devient bijou :
Les horlogers-orfèvres laissent désormais libre court à leur talent de graveurs. L'argent ou l'or remplacent parfois le laiton ciselé. A cette époque apparaissent les premiers cadrans émaillés. Peu à peu les horloges de tables disparaissent au profit de montres à porter plus petites très ouvragées, de forme ronde ou ovale parfois octogonale ou cruciforme. Protégées par un couvercle en métal ou en cristal de roche, elles ne comportent qu'une aiguille et manquent encore de précision. Le calendrier grégorien favorise le passage à la lecture de l'heure à deux aiguilles.  En 1582, grâce à l'adoption du calendrier grégorien, le jour est divisé en deux. Les cadrans afficheront désormais douze heures. Les premières montres à complications voient le jour. Elles peuvent être dotées d'un cadran astronomique avec mouvement des planètes, d'une sonnerie, d'un cadran solaire, de phases de lune...

Boîte pectorale en laiton XVIème siècle - Musée de l'Horlogerie - Morteau (France)

1685

Révocation de l'Edit de Nantes : les français s'exilent dans toute l'Europe

L'émaillage : un art revisité pour
Les techniques de gravure et d'émaillage se perfectionnent à partir de 1630. Les peintres émailleurs Jacques Bordier (1616-1684) et Pierre Huaud (1612-1680) rivalisent de talent ; leurs compositions végétales et florales enrichissent les boitiers qui deviennent de véritables bijoux.

L'arrivée de l'horloge de parquet
A la pointe de la technique, les horlogers français fabriquent les montres les plus plates, inventent « l'horloge de parquet » munie d'un balancier appelé « pendule ». Les horloges prennent alors le nom de «pendules ». Il s'agit de véritables pièces de mobilier, accompagnées d'une « boite » ou socle en bois précieux, peint, avec incrustations ou en marqueterie. Elles ne tardent pas à pénétrer les intérieurs des classes nobles ou bourgeoises. Aujourd'hui les horloges dites
« comtoises » font perdurer cette tradition, elles sont toujours produites en Franche Comté dont la capitale est Besançon. L'invention du spiral révolutionne la précision horlogère. En 1674, le néerlandais Christiaan Huygens met au point le « spiral ». Les pendules donnent une heure plus précise: couplé au balancier, le spiral permet à celui-ci d'osciller de façon régulière. Ce système se généralise. Il est à l'origine d'une spécificité française « la montre oignon » dont la forme bombée permet d'abriter le mécanisme assez volumineux du balancier avec spiral protégé par une grille ouvragée appelée « coq ».
La montre « oignon » perdure jusqu'en 1720.

L'horlogerie devient une science
Sous l'impulsion de Colbert, l'Académie des sciences voie le jour en 1666. Un an plus tard, s'achève l'édification de l'observatoire de Paris sur la rive gauche. Premier observatoire au monde celui de Londres n'ouvre ses portes que huit ans plus tard, son rôle est essentiel pour l'astronomie occidentale. Grâce aux travaux de ses membres éminents, dont Christiaan Huygens, la cartographie, la météorologie, la géodésie et l'horlogerie feront de grands progrès.

La révocation de l'Edit de Nantes : un désastre pour l'horlogerie française
Hélas quelques années plus tards, nous assistons à l'émigration massive des horlogers protestants (les huguenots) chassés de France à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes en 1685. Ils se réfugient en Angleterre (au musée de l'horlogerie de la City à Londres, les premiers horlogers du roi cités sont huguenots), aux Pays- Bas, en Allemagne (ils sont à l'origine de la création de l'horlogerie et de la bijouterie à Pforzheim) et en Suisse. Ils emportent dans leur bagage, leurs secrets de fabrication et vont ainsi contribuer au développement d'une horlogerie concurrente dans ces pays. C'est la première grande délocalisation horlogère du monde. Celle-ci s'était toutefois amorcée au siècle précédent puisque le premier horloger protestant identifié en 1554 dans la République de Genève était un français : Thomas Bayard

Horloge de table XVIIème siècle - Musée de l'Horlogerie - Morteau (France)

1776

Le siècle des lumières ou le siècle de l'horlogerie comme art et technique
Le siècle des Lumières reste le siècle d'or de l'horlogerie française, en particulier pour la pendulerie. Le Siècle de l'innovation et du luxe mais aussi celui de maitres horlogers fameux dont la renommée dépassera largement les frontières de la France. Julien Leroy, physicien, permettra à la France de rattraper le retard dû à la révocation de l'Edit de Nantes. Dès 1748, son descendant Pierre Le Roy met au point le premier échappement libre. En 1750, Jean-Antoine Lépine et Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais perfectionnent l'échappement à cylindre ; la même année, Louis Dauthiau (1713-1769) achève une horloge astronomique d'exception et emblématique du savoir-faire horloger français. Elle sera acquise par le roi Louis XV pour le château de Versailles. En remerciement de son talent le roi lui accordera une pension et le titre d'horloger du roi.

Le cartel où l'art du temps à la française
Le XVIIIème siècle est également le temps des
« cartels »: il s'agit de pendules décoratives fixées au mur ou posées sur un socle mural. Le dessin de leurs boites, richement ouvragées, est souvent confié à des ébénistes de renom tel André-Charles Boule ou Riesener. En écaille de tortue ou en bois précieux, incrusté de bronze selon la technique de « Tarsia A Incastroy », les cages des cartels sont ajourées pour laisser apparaitre le pendule. Parmi les rangs de la noblesse se comptent de nombreux amateurs de montres et pendules. Présent royal par excellence, elles font le bonheur des dignitaires étrangers ou des invités de marque qui les reçoivent. Cette tradition initiée par Louis XIV qui offre des montres au premier ambassadeur de Moscovie (actuelle Russie), se perpétue avec Marie Antoinette qui en fait cadeau aux invités de son mariage. Surpassant ses ainés par ses connaissances scientifiques, le roi Louis XVI se passionne pour la mécanique, la cartographie, la marine ou l'horlogerie. Il possède de nombreuses montres ainsi que des outils dont un tour à guillocher exposé au musée des Arts et métiers, à Paris.

Paris foyer horloger de renommée mondiale qui attire les talents
L'horlogerie française rayonne alors dans toute l'Europe ! De célèbres horlogers vont marquer leur temps pour leurs inventions exceptionnelles et pour leur non moins célèbre clientèle. Ils ont rejoint Paris, devenue place incontournable où exercer leur savoir-faire horloger. Ainsi Ferdinand Berthoud qui en 1768 sera le premier à adapter la technique des « pierres percées » - rubis ou diamants – mise au point par les frères Dehaufre réfugiés à Londres. Entre 1779 et 1793, ses ateliers réalisent 1500 montres répertoriées ; certaines sont à complications comme celle à équation, à répétition et à secondes, livrée en 1783 à Madame Adélaïde, tante du roi. Ferdinand Berthoud a aussi répondu aux besoins de la marine française en améliorant la précision des chronomètres permettant de mesurer la longitude. La clientèle de Jean-Antoine Lépine est tout aussi prestigieuse: de Louis XV, au Comte de Provence et jusqu'à George Washington. Avec l'invention du calibre à son nom (calibre à pont), il contribue à la réduction de l'épaisseur des montres. Enfin Abraham-Louis Breguet (1747-1823), inventeur en 1780 de la montre perpétuelle qui reprend le principe de la montre automatique imaginée sur papier en 1768 par l'horloger liégeois Hubert Sarton. Il devient l'horloger le plus recherché de son temps. Pour la reine Marie-Antoinette, il reçoit commande en 1783 d'une montre extraordinaire qui réunit toutes les complications possibles. Il s'agit de la fameuse « montre 160 ». Elle ne la portera jamais car cette montre sera achevée par les descendants de Breguet en 1827. Contrairement aux indications erronées qui figurent sur certains sites ou ouvrages, précisons que Breguet n'a jamais été suisse par sa nationalité : il est mort à Paris avec la nationalité française. S'il est né à Neuchâtel, cette ville n'a été admise avec son hinterland comme canton suisse que le 12 septembre 1814. En vérité, à la naissance de Breguet, Neuchâtel dépendait du royaume de Prusse dont elle s'est détachée définitivement en 1848. Il en est de même pour Ferdinand Berthoud.

Quand littérature et horlogerie se marient
La seconde moitié du siècle des Lumières voit l'apogée des sciences et les techniques. L'influence de Diderot et d'Alembert se fait sentir et ils consacrent des planches de l'Encyclopédie à l'horlogerie. Des hommes de lettre tels Beaumarchais ou Voltaire se piquent volontiers d'horlogerie. Le premier fils de l'horloger André-Charles Caron, invente l'échappement à double virgule et améliore ainsi la régularité des mouvements de montres. Le second, en véritable visionnaire, crée en 1770, la Manufacture royale de Ferney dont il commercialise les réalisations avec succès et où il accueille de nombreux horlogers protestants. Il les défend dans son Traité de la Tolérance publié en 1763, et souhaite ardemment leur retour en France. « Le monde est une horloge et pour pouvoir tourner, il a besoin d'un horloger Si les montres gagnent en précision et en confort d'utilisation, leurs boitiers gagnent en sobriété. Désormais en or et en argent, ils sont guillochés en « grains d'orge » qui évite toute trace d'oxydation lors de la manipulation. Les cadrans sont désormais en émail blanc à chiffres romains ou arabes.

Cartel XVIIIème siècle - Musée de l'Horlogerie - Morteau (France)

1862

Création de l'école d'horlogerie de Besançon
La Franche-Comté et le département du Doubs vont peu à peu s'affirmer comme le premier pôle horloger français pour l'industrie de la montre. L'Ecole d'horlogerie de Besançon est créée en 1862. A la fin du XIXe siècle, cette région représente 90 % de la production française de montre. La France est alors la deuxième nation horlogère au monde.

Les premières contrefaçons
De nombreuses inventions horlogères voient le jour au XIXème. Grâce à François-Regnault Nitot (fondateur de Chaumet) ou à Abraham-Louis Breguet, les premières montres bracelets apparaissent entre1810 et 1812. Puis vient le temps de la couronne et du poussoir en1826, ou de la tige de remontoir qui permet de remonter les montres sans clé. La baisse de coûts de production et des matériaux permet une réelle démocratisation de la montre jadis réservée à une élite. Rançon du succès: les montres de célèbres horlogers français sont copiées, il s'agit là des premières contrefaçons ! Dans le même temps, les montres de luxe et particulièrement celles à complication, restent prisées par les classes plus aisées.

La pendulerie se diffuse dans les intérieurs bourgeois
En Europe, on assiste à l'émergence de la bourgeoisie dont les intérieurs abandonnent la rigueur du style empire en vogue au début du XIXème. Les hôtels particuliers sont à l'image de leurs riches propriétaires: cossus, triomphants, baroques voire extravagants. Horloges et pendules utilisant le célèbre mouvement de Paris et souvent accompagnées d'une paire de candélabres ou de bougeoirs, trônent élégamment sur les cheminées, consoles ou buffets. L'architecte Eugène Viollet-Le Duc, influence fortement les arts décoratifs: c'est le temps des pendules cathédrales, véritables architectures néo-gothiques de bronze ouvragé. Les pendules Boulle retrouvent un temps la faveur des bourgeois. On voit également éclore un style néo romantique inspiré de la Renaissance: la pendule est alors, en marbre ou en pierre dure, enrichie d'allégories ou de personnages mythologiques en bronze.

La généralisation de l'industrialisation des procédés de fabrication démocratise la montre
L'expansion économique de la seconde moitié du XIXème siècle voit les débuts de l'organisation du temps de travail et de la division des taches. La production en série se généralise. Les manufactures de montres regroupent désormais les différentes étapes de fabrication de la montre et l'ensemble des corps de métiers. En 1867, l'horloger d'origine allemande naturalisé suisse Georges-Frédéric Roskopf, fait fabriquer des montres en série au prix de vingt francs et les nomme « montres d'ouvriers »; il est l'inventeur de la montre bon marché. Les évolutions techniques sont légions. A la fin des années 1870, les montres sont dotées de cadrans luminescents grâce au sulfate de calcium qui rend les aiguilles et les chiffres lumineux.

L'unification du Temps ou l'enjeu des voyages
Avec le développement des moyens de transport, en particulier des chemins de fer, les distances et le temps s'amenuisent considérablement, il devient indispensable d'adopter une heure universelle car chaque ville ou village est réglée sur sa propre heure solaire. Ce sera chose faite lors du Congrès Géographique International de 1875. Le méridien de Greenwich devient la référence horaire et servira désormais de repère aux réseaux ferroviaires du monde entier. Le train du progrès est en marche, il ne s'arrêtera plus. Les Expositions Universelles se succèdent. Pour les marques horlogères françaises, elles sont l'occasion de présenter de magnifiques réalisations et de recevoir de nombreux prix. Leur réputation dépasse les frontières, leur rayonnement est désormais international. Ils déposent de nombreux brevets; c'est ainsi qu'en 1897, un brevet répond pour la première fois à la question de l'étanchéité des boitiers de montre

Horloge cathédrale XIXème siècle - Musée de l'Horlogerie - Morteau (France)

1936

le premier brevet du moteur pas à pas par Marius Lavet préfigure la révolution du quartz

La dernière montre la plus compliquée du monde réalisée avec le seul cerveau humain reste française
A Paris, l'Exposition Universelle de 1900 bat son plein. La Maison L. Leroy y dévoile une montre encore inachevée mais unique car destinée à recevoir toutes les complications possibles, elle obtiendra le grand prix du jury. Son propriétaire, l'homme d'affaires brésilien installé au Portugal, Antonio Augusto de Carvalho Monteiro, grand amateur et collectionneur de montres est séduit par les propositions de la maison L. Leroy. Une réelle complicité s'instaure entre le richissime industriel et la célèbre maison. En 1904 la montre Leroy 01 est enfin terminée, elle comporte 25 complications. Elle est aujourd'hui exposée au Musée du temps de Besançon.
La montre bracelet rend hommage à la féminité
Si le XXème siècle est sans conteste celui de la montre bracelet, celle-ci connait cependant des débuts difficiles. On l'accuse à tort de provoquer des fractures du poignet en cas de choc brutal. On la trouve trop fragile. Elle reste un bijou réservé aux femmes bien qu'il soit encore fort malséant de consulter sa montre. La montre gousset a encore de belles années devant elle ! Peu à peu grâce aux pionniers de l'aviation qui l'adoptent pour sa praticité, la montre bracelet suscite l'intérêt de leurs admirateurs et gagne bientôt une clientèle masculine plus large. La première guerre mondiale ne sera pas étrangère à son développement, la montre de poche étant soumise à rude épreuve dans les tranchées, elle va évoluer par nécessité. Les officiers la portent à la ceinture ou au poignet. Pour plus de praticité le remontoir change de place: traditionnellement placé au-dessus du chiffre12 comme celui de la montre de poche, le bouton remontoir de la montre bracelet est déplacé au niveau du chiffre 3. Autre amélioration de circonstance, les montres destinées aux soldats sont équipées d'une grille métallique qui protège le verre des éclats d'obus. La question du verre incassable ne tarde pas à se poser. On commence par adopter l'affichage à guichets, des heures, minutes et secondes, avant l'invention du verre incassable en 1931: il s'agit d'un verre minéral trempé ou saphir de synthèse. A la même époque, le brevet du boitier « reverso », originellement destiné aux joueurs de polo, est déposé par l'ingénieur français Alfred Chauvot. L'émancipation de la femme après la première guerre mondiale voit la société évoluer considérablement. Bon nombre d'entre elles endossent des responsabilités jusqu'alors masculines, pendant que leurs pères, frères ou maris sont au front. Désormais indépendantes, elles travaillent, conduisent, fument, se maquillent, s'adonnent au sport. Libérées de leur corset, elles raccourcissent leur jupes, montrent leurs chevilles et arborent au poignet de ravissantes montres bracelets dans le style Art Déco qui fait fureur à Paris.
De l'horlogerie électrique à l'horlogerie à quartz
La montre bracelet ne cessera d'évoluer et de se démocratiser au cours du XXème siècle. Elle entre peu à peu dans le quotidien de tous. Elle bénéficiera de toutes les évolutions techniques, deviendra fonctionnelle avant de devenir accessoire de mode. On doit à l'horloger français Léon Hatot qui produit les premières montres à piles en 1919, d'immenses progrès: ses travaux sur l'horloge électrique, profiteront au français Lip ou à l'américain Elgin, créateur en 1952 de la toute première montre bracelet électrique. L'arrivée du quartz dans les années 1970 est une révolution. Très bon marché, les montres à quartz à affichage numérique fabriquées en Asie inondent le marché mondial et mettent à mal l'industrie horlogère européenne et américaine. Beaucoup ont oublié que la technologie du quartz résulte de plusieurs brevets déposés par l'ingénieur français Marius Lavet que l'on doit considérer comme le père de la montre à quartz. Il dépose en 1936 son premier brevet pour la réalisation du micro-moteur pas à pas. En 1949, il met au point l'oscillation d'un quartz par un circuit électronique. Qu'ils soient allemands, américains, français, japonais ou suisses, les plus grands noms de l'horlogerie exploitent durant la seconde partie du XXe siècle les brevets Lavet.
L'horlogerie française : une industrie d'avenir
L'horlogerie française, aurait pu disparaitre mais, contrairement à celle du Royaume-Uni et des Etats-Unis, elle a su rebondir grâce à une farouche volonté collective. Ses marques de montres se sont positionnées sur des créneaux de niche ou liés à la mode. Les fabricants de composants soit se sont diversifiés (microtechniques) ou positionnés dans la fourniture de pièces, notamment d'habillage de montres, à forte valeur ajoutée, destinées au luxe et aux marques de renommée internationale. L'horlogerie de gros volume a opéré une reconversion vers des produits plus techniques avec le chronométrage sportif, les contrôles de temps. Avec la diffusion, depuis 1984, d'un signal horaire sur France Inter Grandes Ondes la synchronisation horaire constitue un nouveau débouché : gares, aéroports, éclairage urbain, centrales nucléaires… La maintenance et le financement de ce signal est désormais assuré par la Chambre française de l'horlogerie et des microtechniques avec la coopération des observatoires de Besançon et de Paris. Le leader mondial d'horodateurs est situé à Besançon. La qualité des formations de la main-d'œuvre française est largement reconnue : près de cinquante pourcent de la main-d'œuvre horlogère suisse est d'ailleurs française. Ce n'est donc pas sans raison que la France se positionne aujourd'hui au quatrième rang des pays exportateurs d'horlogerie.

Montre d'officier portée à la ceinture 1914 - Musée de l'Horlogerie - Morteau (France)

Réveil Art Déco 1930 - collection particulière

2015

Temps connecté ? Temps synchronisé ? Temps Mode ? Temps intemporel ?
Que nous réserve le XXIe siècle ? Le siècle précédent a connu une diffusion sans précédent du temps par le biais des montres et horloges pour tous publics. Mais celui-ci est désormais intégré à de nombreux équipements : thermostats, ordinateurs, téléviseurs, chaines Hi Fi, fours, téléphones… Le temps est partout. Des start up françaises commencent à proposer une offre en montres connectés Un consortium d'entreprises et de laboratoires français ont lancé en 2014 un projet R&D de synchronisation horaire développé sur Internet. Si l'heure est partout, le monde exige une datation de plus en plus précise des événements et de sa fiabilité. L'histoire multiséculaire de l'horlogerie française montre à quel point les évolutions restent possibles en alliant savoir faire, tradition, mode et technique aussi bien dans l'horlogerie de gros volume que l'industrie virtuelle. Montre garde-temps, montre bijou, montre mode, montre mécanique, montre à quartz, montre sportive, montre atomique, montre connectée… Quelle sera la montre du XXe siècle ? Alors même si avec la théorie de la relativité et la mécanique quantique, le temps n'existerait pas ou serait une simple convention de l'esprit, concluons pour un temps par cette phrase de l'horloger philosophe littérateur Voltaire :
« Le monde est une horloge et pour pouvoir tourner, il a besoin d'un horloger »

Horloge comtoise contemporaine 2015 - Utinam

Tableau d'affichage sportif - Bodet

Le conseil d'administration
Le bureau
L'équipe permanente
Le conseil d'administration de la CFHM, composé de trois collèges, représente l'ensemble des adhérents selon leurs métiers (1- montres et accessoires de mode, 2- composants, microtechniques et sous-traitance liée au luxe, 3- horlogerie de gros volume et synchronisation horaire). Il a été renouvelé le 7 juillet 2016 pour la période triennale 2016/2019. :

COLLEGE MONTRES
  • Philippe Bérard (SMB)
  • Jean-Luc Bernerd (MGH Lip)
  • Pascal Bole (Montres Ambre)
  • Jean-Paul Burgun (Pierre Lannier)
  • Alain Chamla (Christian Bernard)
  • Thierry Frésard (Saint-Honoré Paris)

COLLEGE COMPOSANTS
  • Jean-Claude Bihr (Alliance)
  • Philippe Truchot (ISA France)
  • Gilles Buliard (La Pratique)
  • Guillaume Butty (Tena Butty & Robur)
  • Paul Champagne (groupe Dalloz)
  • Antoine Gérard (IMI)
  • Gérard Simon (Sibra)

COLLEGE GROS VOLUME
  • Jean-Pierre Bodet (Bodet)
  • Michel Caron (Dimahor)
  • Nicolas Gorgy (Gorgy Timing)
M. Pascal Bole
PRÉSIDENT

M. Jean-Pierre Bodet
VICE-PRÉSIDENT

M. Gérard Simon
VICE-PRÉSIDENT

M. Guillaume Butty
TRÉSORIER

M. Michel Caron
PRÉSIDENT D'HONNEUR
Patrice Besnard
délégué général

Claudine Guinet
secrétariat, assistance dépôts marques et modèles

Weiling Tong
bureau et show room Shanghai

Laurence Wastl
information des adhérents, communication
Le conseil d'administration
Le conseil d'administration de la CFHM, composé de trois collèges, représente l'ensemble des adhérents selon leurs métiers (1- montres et accessoires de mode, 2- composants, microtechniques et sous-traitance liée au luxe, 3- horlogerie de gros volume et synchronisation horaire). Il a été renouvelé le 7 juillet 2016 pour la période triennale 2016/2019. :

COLLEGE MONTRES
  • Philippe Bérard (SMB)
  • Jean-Luc Bernerd (MGH Lip)
  • Pascal Bole (Montres Ambre)
  • Jean-Paul Burgun (Pierre Lannier)
  • Alain Chamla (Christian Bernard)
  • Thierry Frésard (Saint-Honoré Paris)

COLLEGE COMPOSANTS
  • Jean-Claude Bihr (Alliance)
  • Philippe Truchot (ISA France)
  • Gilles Buliard (La Pratique)
  • Guillaume Butty (Tena Butty & Robur)
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  • Gérard Simon (Sibra)

COLLEGE GROS VOLUME
  • Jean-Pierre Bodet (Bodet)
  • Michel Caron (Dimahor)
  • Nicolas Gorgy (Gorgy Timing)
Le bureau
M. Pascal Bole
PRÉSIDENT

M. Jean-Pierre Bodet
VICE-PRÉSIDENT

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VICE-PRÉSIDENT

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TRÉSORIER

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PRÉSIDENT D'HONNEUR
L'équipe permanente
Patrice Besnard
délégué général

Claudine Guinet
secrétariat, assistance dépôts marques et modèles

Weiling Tong
bureau et show room Shanghai

Laurence Wastl
information des adhérents, communication

Situation actuelle

L'horlogerie Française : chiffres 2015

Une production horlogère non délocalisée en hausse et de nouveaux records pour le commerce extérieur de notre secteur malgré un contexte économique et monétaire difficile. Ce sont en substance les tendances qui se dégagent des chiffres-clé de l'horlogerie française pour l'année écoulée.

Une production horlogère française en hausse

+1% : c'est la progression enregistrée en 2015 pour la production horlogère française non délocalisée avec un chiffre d'affaires total de 295 millions € HT.

Ce dynamisme a profité aux fabricants de montres qui ont vu leurs ventes croître de 8% (61 millions € HT) principalement au niveau des modèles mécaniques et des montres à quartz analogiques. Après une forte croissance observée en 2014 (+14%), les ventes du secteur des composants et des bracelets de montres se sont stabilisées (207 millions € HT), avec une légère hausse pour les bracelets cuir, un équilibre pour les boîtes et bracelets en métal et un recul limité pour les pièces de mouvements. Quant à l'horlogerie de gros volume, après une progression de 23% en 2014, elle a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 8% (27 millions €) qui concerne plus l'horlogerie technique que l'horlogerie domestique.

2015 a été une nouvelle année ponctuée par un fort taux d'exportation (82%). Ce résultat permet de mettre en exergue l'impact des actions en faveur de l'export mises en œuvre par notre comité professionnel de développement économique, le Comité Francéclat, depuis plusieurs années et des projets de développement sur les marchés émergents à l'instar de celui qui est mené en Chine.

Nouveau record pour les exportations et réexportations

L'industrie horlogère française a enregistré un nouveau record en matière d'exportations et de réexportations : +16% pour un montant de 2,5 milliards € HT d'après les chiffres des Douanes françaises. Celles du secteur montres ont atteint l'an dernier 1,95 milliard € (principale destination : l'Union européenne avec l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni). Il convient de noter qu'en 2014, selon les chiffres de International Handling Services (IHS), la France demeurait à la 5ème place des pays exportateurs de montres, derrière la Suisse, Hong Kong, la Chine et l'Allemagne et gagnait une place (5ème rang) en tant que pays exportateur de composants et de bracelets montres derrière Hong Kong, la Chine, la Suisse et le Japon, et devançant désormais l'Italie.

Importations

Les chiffres 2015 portent à 3,0 milliards € le montant des importations (2,7 milliards pour les montres et 334 millions pour les composants et les horloges). Ce qui représente un bond de 23% par rapport à 2014. La Suisse reste, en valeur, notre premier fournisseur de montres devant la Chine, notre premier fournisseur en quantité.

Origine des produits horlogères mis à la consommation en France

Les données du comité permettent également de distinguer l'origine des montres mises à la consommation en France en 2015. Pour l'année écoulée, en volume, 77% de ces pièces provenaient de Chine (-3 points), 7% de Suisse et 11% de l'Union européenne. En valeur, ce furent les montres venues de Suisse (80%, + 1 point) et de Chine (9%, - 1 point). Quant aux pendules et réveils mis sur le marché français, ils étaient issus de Chine (50%), de Suisse (31%) ou encore de France (8%).





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